La construction de l'église
A l'arrivée des Hospitaliers il n'y avait ici qu'une petite
chapelle, édifiée par les pêcheurs des marais et du Rhône, desservie par
un moine.
Les Hospitaliers y firent construire une commanderie et créèrent la
partie centrale (la nef qui est de style roman), le clocher actuel lui
est plus récent.
Saint Pierre
Julien de Roure ou de la Rovère fut nommé évêque de Carpentras
puis Cardinal au titre de Saint Pierre-es-Liens avant d'être élu
archevêque puis Pape .
Saint Pierre-es-Liens est aussi le nom de la paroisse, une statue le
représentant se trouve d'ailleurs derrière l'autel.
Saint Pierre, apôtre, à qui furent adressées ces paroles : « Vous êtes
Pierre et sur cette Pierre je bâtirai mon Eglise » avait été emprisonné
par Hérode et s'était délivré miraculeusement. De plus d'après une
antique tradition, les clefs des églises dédiées à St Pierre aux Liens
auraient eu le don de guérir de la rage. Elles auraient été forgées dans
une pièce de métal renfermant quelques parcelles de fer provenant des
chaînes de Saint Pierre.
C'est pour cette raison et pour le fait que Saint Pierre était aussi
sollicité pour guérir les fièvres intermittentes que l'on se rendait en
pèlerinage dans notre église. C'est aussi pour cette raison que la fête
votive de Lapalud était célébrée le 1er août, le jour de la fête de
Saint Pierre et que sur l'écusson de Lapalud on trouve les clés de Saint
Pierre protecteur de notre village.
L'extérieur de l'église
Sur la face ouest du clocher on peut encore voir les vestiges de
la canonnade du siège du Baron des Adrets contre Lapalud, catholique
dans les années 1560. Quand le baron se rendit maître de la place il
dévasta l'église et pilla ce qu'elle contenait.
Au-dessus de la porte, contre la façade, il y avait un balcon sur
lequel, entre autres, l'abbé Rose éleva le Saint Sacrement en 1840 lors
d'inondations pour demander à Dieu de protéger le village .
Le calvaire
Un calvaire du XIIème siècle réalisé en pierres de taille. Il
comporte 4 niches qui abritaient des statues disparues aujourd'hui. La
croix originelle fut remplacée par une croix en fer.
Ce calvaire se trouvait vraisemblablement dans le premier cimetière de
Lapalud qui était au sud de l'église jusqu'en 1780 dans la cour du
Portalet) Les riches comme dans toutes les paroisses étaient ensevelis à
l'intérieur de l'église. Des travaux effectués ont permis de constater
que son sous-sol recèle une quantité considérable d'ossements.
Borne d'altitude
Un anneau en métal indique l'altitude du village : 46 m. Il en
existe d'autres : un identique près de la porte de la Poste et deux
différents et antérieurs : un sur un montant de la porte nord du village
et un sur la maison mitoyenne à la pâtisserie Bertrand.
Le clocher
Au XIIème siècle, le clocher n'était formé que de jambages unis
par un arceau sous lequel était suspendue la petite cloche du monastère.
Au milieu du XIIIème siècle, Bertrand III de Clansayes
puissant évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux, termina toute la partie
centrale et fit élever sur le devant un mur très solide en pierres de
taille, terminé en pointe et percé de deux larges ouvertures pour y
installer deux cloches.
Le clocher définitif fut sans doute construit au XVème, siècle avec
l'aide de Julien de Roure, évêque de Carpentras, qui devait devenir le
pape JULES II (1443-1513)
D'ailleurs à l'intérieur de l'église, un peu au-dessous des premières
assises de la flèche on peut voir 4 écussons :
- Le premier représente la Chambre Apostolique de Carpentras qui était
Seigneuresse et Haute Dame de Lapalud.
- Le deuxième est une branche de chêne (chêne se dit roure en provençal)
en hommage à Julien de Roure futur pape Jules II.
- Le troisième est une feuille végétale inconnue
- Le quatrième ne porte aucun signe.
Les cloches furent mises en place bien après la construction du clocher
ainsi qu'en témoigne une inscription sur une face intérieure de la
flèche : le 16 juin 1640.
En 1823, la mairie royaliste voulait agrandir l'église,
elle fait démolir un mur de l'église, fait creuser de nouvelles
fondations, mais profondément antiroyaliste Victor Jullien le
propriétaire du Portalet obtient un décret ministériel qui bloqua les
travaux prétextant que la mairie allait faire ce nouveau mur sur un
terrain lui appartenant. Cet ancien jacobin, franc-maçon et anticlérical
notoire s'opposa durant 3 ans à la Municipalité royaliste et au clergé
local qui voulaient agrandir l'église sur l'emplacement de l'ancien
cimetière.
Finalement en 1827 il donna ce terrain à la Mairie, heureux de les avoir
contrariés pendant 3 ans.
Les nouvelles cloches :
1er avril 1838: Le Conseil Municipal veut faire
fondre les 2 vieux canons de bronze (de 108 kg les deux) appartenant à
la commune, pour les utiliser à la fonte d'une cloche qui sera
spécialement affectée à l'horloge publique mais le préfet refuse car
seule l'église a le droit de recevoir le don de vieux canons, et ordonne
que la cloche soit placée sur le clocher de la paroisse et qu'elle serve
d'horloge publique. Elle deviendra la propriété communale et sera à la
disposition de l'autorité civile et ecclésiastique.
Baptisée le 21 juillet 1839 elle avait pour parrain M.
Théodore Brezun, maire et pour marraine dame Isabelle Astier, épouse
Nadal.
Le 19 janvier 1851 Bénédiction de la maîtresse cloche.
Elle pèse plus d'une tonne, mesure 1,22 m de diamètre. Il lui est donné
le nom de « Marie Sauveterre ».Son parrain est Frédéric Granier
(représentant du peuple, membre du Conseil Général de Vaucluse et ancien
maire d'Avignon), sa marraine est Marie Granier (fille aînée du Maire de
Lapalud) et elle fut baptisée par l'abbé Rose, prêtre érudit de Lapalud
dont une rue du village porte le nom. Il proposa que la devise de
Lapalud dont il avait retrouvée l'existence y fut gravée. (La foi qui
repose sur l'ancre du salut demeure inébranlable)